Quand la danse classique rencontre la provocation et l’humour, cela donne Vaffan, une création qui a marqué les années 1980. Jean-Claude Gallotta choisit de détourner les règles strictes du ballet pour créer quelque chose de complètement nouveau et surprenant. Avec des costumes bizarres, des mouvements qui se moquent gentiment des poses traditionnelles et une énergie collective débordante, cette Å“uvre bouscule les conventions. Deux versions espacées de trente ans montrent comment cette pièce continue de parler aux nouvelles générations de danseurs.
En bref
- Création en 1984 à Lyon lors de la première Biennale de la danse, puis rechorégraphiée en 2013 avec une nouvelle génération d’interprètes
- Une parodie décalée du ballet classique portée par une dizaine de danseurs du groupe Émile Dubois, surnommé la « tribu Gallotta »
- Des costumes excentriques reconnaissables : jupettes déchirées et chaussures vernies sur chaussettes blanches pour tous les danseurs
- Deux partitions musicales différentes selon les versions : Henry Torgue et Serge Houppin en 1984, orchestration de Strigall en 2013
- Un succès critique immédiat grâce à son approche théâtrale, truculente et tribale qui mélange tradition et modernité
Vaffan, panorama : contexte, personnage et œuvre
La pièce Vaffan s’inscrit dans l’univers artistique de Jean-Claude Gallotta, chorégraphe français reconnu pour son approche innovante de la danse contemporaine. Créée en 1984 lors de la première édition de la Biennale de la danse de Lyon, cette Å“uvre explore les codes du ballet classique avec un regard parodique et décalé.
Le travail de Gallotta mêle éléments classiques et modernes, créant une tension artistique entre tradition et expérimentation. La pièce aborde des figures imposées de la technique du ballet classique, notamment à travers un duo entre ballerine et danseur qui joue avec les conventions académiques.
L’esprit communautaire traverse l’ensemble de la création. Le groupe Émile Dubois, qualifié de « tribu Gallotta », porte cette identité collective qui marque profondément l’esthétique de l’Å“uvre. Cette notion tribale, associée aux débuts du chorégraphe dans les années 1980, définit l’approche collaborative et l’énergie partagée des interprètes.
Versions et dates clés de l’Å“uvre
Première version (1984)
La création originale a eu lieu à l’opéra de Lyon en 1984. Cette première mouture rassemble dix ou onze danseurs qui donnent vie à une chorégraphie tribale et truculente. La musique originale d’Henry Torgue et Serge Houppin accompagne les mouvements des interprètes.
Les costumes de cette version marquent les esprits : jupettes lacérées pour hommes et femmes, chaussures vernies portées sur chaussettes blanches. Ces choix vestimentaires décalés deviennent caractéristiques du style de Gallotta. Jean-Yves Langlais signe la scénographie, proposant un espace simple qui met en valeur la gestuelle des danseurs.
La durée de cette version oscille entre 90 et 115 minutes, selon les représentations. Le spectacle développe un style de danse de groupe marqué par des petits pas et des déplacements latéraux, créant une dynamique collective hypnotique.
Deuxième version (2013)
Près de trente ans après sa création, Gallotta rechorégraphie Vaffan en 2012-2013. Cette nouvelle lecture artistique s’accompagne d’une partition orchestrée par Strigall, remplaçant la musique originale. La durée se stabilise autour de 90 minutes pour cette version revisitée.
Une représentation notable se tient à la MC2 de Grenoble en 2013. La scénographie est retravaillée par Manuel Bernard et Jeanne Dard, offrant un nouvel écrin visuel à la pièce. Cette version engage une nouvelle génération d’interprètes, perpétuant l’esprit de transmission cher au chorégraphe.
L’objectif de cette reprise ? Confronter l’Å“uvre au contexte contemporain et permettre aux jeunes danseurs de s’approprier un répertoire fondateur de la danse française.
Le mot de l’auteur
« Revisiter une œuvre après trois décennies permet de mesurer comment le vocabulaire chorégraphique traverse le temps tout en restant vivant et pertinent pour les nouvelles générations. »
Interprètes, musique et scénographie
Les interprètes de la création forment un groupe soudé, véritable tribu artistique qui donne corps à la vision de Gallotta. Lors de la version de 2013, une dizaine de danseurs reprennent le flambeau, apportant leur sensibilité propre à la chorégraphie.
La partition musicale évolue entre les deux versions. Henry Torgue et Serge Houppin composent l’univers sonore de 1984, tandis que Strigall propose une orchestration contemporaine pour la reprise de 2013. Ces deux approches musicales colorent différemment la même matière chorégraphique.
Sur le plan scénographique, la simplicité domine. Les choix de mise en scène jouent avec le spectaculaire et l’humour, créant une atmosphère théâtrale qui sert la dimension parodique de l’Å“uvre. Les costumes décalés renforcent cette esthétique singulière qui caractérise le travail du chorégraphe.
Le son stéréophonique et les choix de cadrage lors des captations permettent d’apprécier à la fois les scènes en plein cadre et les gros plans sur les danseurs, révélant l’intensité de leur engagement corporel.
Réception critique et héritage
Accueil critique
La création de Vaffan en 1984 rencontre un grand succès critique. Les spectateurs et la presse saluent une Å“uvre tribale, truculente, voire théâtrale. L’approche parodique des codes académiques séduit par sa fraîcheur et son audace.
La forte charge visuelle de la pièce marque les esprits. Le mélange entre danse classique et moderne, servi par des costumes excentriques et une scénographie épurée, crée un spectacle mémorable qui renforce la notoriété du groupe Émile Dubois.
Héritage et réinterprétation
L’Å“uvre s’inscrit dans un contexte plus large d’expérimentation chorégraphique. Gallotta revisite régulièrement ses créations principales dans une optique contemporaine, permettant aux jeunes interprètes de s’approprier son répertoire. Cette transmission devient un axe central de sa démarche artistique.
La pièce est reproduite à plusieurs reprises, chaque nouvelle version apportant un éclairage différent sur la matière chorégraphique originelle. Cette pratique de la réinterprétation témoigne de la vitalité de l’Å“uvre et de sa capacité à dialoguer avec les époques successives.
La notion de tribu, fondatrice dans les années 1980, continue d’irriguer la pratique du groupe. Elle définit un esprit de transmission qui dépasse le simple apprentissage technique pour embrasser une philosophie collective du travail artistique.
Ressources et parcours multimédia
Des ressources multimédia riches permettent d’explorer l’univers de la pièce. Des vidéos intégrales, filmées en 1984 et 2012, sont accessibles via des plateformes spécialisées dans la danse et les arts de la scène. Ces captations offrent un aperçu précieux de l’évolution de l’Å“uvre.
Les enregistrements proposent différents angles de vue. Des gros plans sur les danseurs alternent avec des plans d’ensemble qui révèlent la complexité des compositions spatiales. Le son stéréophonique restitue l’ambiance sonore des représentations.
Ces documents constituent des outils pédagogiques précieux pour les étudiants en danse et les chercheurs. Ils permettent de comparer les deux versions et d’analyser comment une même matière chorégraphique peut être interprétée différemment selon les contextes et les générations d’interprètes.
Les archives audiovisuelles témoignent également de l’approche scénique du chorégraphe. On y découvre son style caractéristique : mouvements collectifs synchronisés, jeu avec les codes académiques, costumes décalés et présence scénique intense des danseurs.
FAQ
Quelle est la traduction française de « vaffanculo » ?
La traduction française de « vaffanculo » est « va te faire foutre ! » ou « va te faire enculer ! », une interjection vulgaire italienne.
Comment prononce-t-on « vaffanculo » et quel est son usage ?
Pour prononcer « vaffanculo », on dit \vaf.fan.ˈku.lo\. Son usage est courant en Italie pour exprimer un fort ressentiment ou une insulte, comme « Vaffanculo ! » ou « Vaffanculo a tutti ! » pour « Allez tous vous faire foutre ! ».
La pièce « Vaffan » a-t-elle des éléments de danse classique ?
Oui, la pièce « Vaffan » intègre des éléments de danse classique tout en jouant avec les conventions parodiques du ballet. Ce mélange crée une tension artistique entre tradition et expérimentation.
Quels costumes sont utilisés dans la première version de « Vaffan » ?
Dans la première version de « Vaffan », les costumes incluent des jupettes lacérées pour tous les danseurs, en plus de chaussures vernies portées sur chaussettes blanches, des choix vestimentaires qui deviennent caractéristiques du style de Gallotta.
Comment l’Å“uvre « Vaffan » a-t-elle été accueillie par la critique ?
L’Å“uvre « Vaffan » a rencontré un grand succès critique en 1984, saluée pour sa nature tribale et théâtrale. Les critiques apprécient son approche parodique des codes académiques, alliant danse classique et moderne avec audace.
Quelles sont les différences entre la version originale et la version de 2013 de « Vaffan » ?
Les différences entre la version originale et celle de 2013 de « Vaffan » incluent une nouvelle musique orchestrée par Strigall, une durée stabilisée à environ 90 minutes et une nouvelle scénographie. Cela redonne un élan contemporain à l’Å“uvre.

Pauline est passionnée par les arts visuels et partage ici ses découvertes. Amatrice de belles choses simples, toujours curieuse d’apprendre et de transmettre.



